Crédit photo C. Mont-Reynaud
"Les temps sont durs pour les rêveurs" mais shush shush, j'ai le cœur à l'affût et j'ouvre mon carnet de peau. « Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris. » Oscar Wilde
Platys Gialos, 1980
Charlotte Mont-Reynaud, Platys Gialos, Mykonos 1978
jeudi 25 avril 2019
lundi 22 avril 2019
mardi 16 avril 2019
La langue dérobée
Tu regardes
le monstre
sans trop y croire
Observes le poids
de la disparition
Empesée
Tu voudrais te diluer
Tendre vers le doux
Oser l’abandon
Tu t’embrases
Emplie de ce qui ronge
Un voile s’arrime
au rebord
de tes yeux
La vague
soulève
ta langue
Tu t’émeus
des coulures
des dommages infinis
Tu voudrais
retrouver
ta parure
L’originelle vibration
Ta force et ta foi
Ta fougue et ton feu
Le brasier
te disloque
Dévore ce qui
te semblait éternel
L’histoire t’échappe
Comme le reste
Tu cours
après tes impatiences
Cherches
un repentir
un souvenir
Une autre lumière
un nouveau
souffle
Capture
d’un vouloir clair
D’une saison
où la terre
se prépare
Assoiffée
des mémoires
de la pierre
Camille Grandval "Topographies" encre, gel et épingles, 2016
vendredi 29 mars 2019
jeudi 28 mars 2019
Loïc Demey - Je, d’un accident ou d’amour
"L'avant-midi, on se Rivoli. Puis Adèle m'île de la Cité et Cité de la musique. Je la Belleville, je la Vilette. L'après-midi, on se pont des Arts et Arc de Triomphe. On se Marais, on se République. Je lui Montsouris, rive gauche. Elle se place des Vosges et Vaugirard. Elle se rue, je m'avenue. Je me square, elle s'esplanade. On se tours. Vertiges. On s'entour, se demi-tour par le parc de Bagatelle. Vertes tiges. On se catégoriquement. On se définitivement."
***
"Je me chancelant, je me trac. Elle me chuchotements d'amour à l'oreille.
La rue se nuit, le ciel se lune. Je la nue.
La pièce se sombre, je m'orage. La fermeture éclair. La robe, tonnerre. Sa tunique en l'air et ses dessous à terre. La rue se lune, le ciel se nuit. Je la nue.
Elle me peau, je la pulpe des doigts. On s'épiderme."
***
"Je l'affection aussi Delphine. Mais, depuis quelques mensualités, nos sentiments se pâles et se fades. Le rouge se rose et le blanc se boue.
On se trente ans passés avec pas l'envie de seul. On se fatalité, on se facilité. On se quotidien, on se tablette tactile et téléphone portable au petit-déjeuner. Le soir, on se télévision au lit. Elle se séries, je me navets. Et l'on se corps de moins en moins.
Notre couple s'usure. Jusqu'à la corde."
Loïc Demey - Je, d’un accident ou d’amour
Cheyne Editeur - Date de parution : Octobre 2014 - 44 pages
Cheyne Editeur - Date de parution : Octobre 2014 - 44 pages
mardi 5 mars 2019
Antoine EMAZ
"ce qui a disparu
n’est pas oublié ou perdu
à peine parti plus loin
dans la langue et la tête
n’est pas oublié ou perdu
à peine parti plus loin
dans la langue et la tête
un lieu sûr sans lieu
nulle part
ici
nulle part
ici
mais il n’y a plus grand monde
aussi
sauf une tête une langue
tant que tête
et langue
aussi
sauf une tête une langue
tant que tête
et langue
après
ce sera vraiment fini"
ce sera vraiment fini"
A.E.
Livre d’artiste d’Antoine Emaz et Claire Chesnier. 8 poèmes d’Antoine Emaz accompagnés d’une oeuvre originale de Claire Chesnier.
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